Club Robotique Sussus Invaders

SUSSUS INVADERS

Pierre-Emmanuel, Quentin et Vincent, anciens étudiants de l’ESME Sudria, sont les membres de l’association SUSSUS INVADERS. Fervents participants de la Coupe de France de Robotique depuis 2010, ils sont arrivés 3ème lors de l’édition 2017 qui s’est déroulée du 25 au 28 mai à la Roche-sur-Yon, un événement sponsorisé par ELSYS Design. Vincent nous livre plus de détails sur leur organisation, leurs stratégies mais surtout leur soif de gagner. L'interview a été réalisée par Nathalie.

Sussus Invaders 3ème place Coupe de France de Robotique

Association SUSSUS INVADERS

Q : Peux-tu me présenter SUSSUS INVADERS ? Nous sommes une association d’anciens étudiants de l’ESME Sudria. Nous participons à la Coupe de France de Robotique avec l’association robotique de l’école, Sudriabotik. Nous avons décidé de créer notre propre association tout en encadrant les jeunes étudiants. L’école nous prête un local commun ce qui nous permet de transmettre nos méthodes plus simplement et éviter des solutions un peu trop exotiques.

Q : Quelle est votre organisation ? Ma première participation à la Coupe de France de Robotique date de 2006 et à l’époque je concourais avec l’association robotique de l’école. Depuis 2010 j’y participe avec SUSSUS INVADERS. Nous sommes repartis de 0, nous avons refait toutes nos cartes électroniques, toute la méthode de fabrication des robots.

De plus, au niveau de l’organisation, nous avons plutôt une démarche projet. Nous sommes tous les trois dans le monde du travail maintenant, nous avons donc adopté ce rythme là car c’est ce qui nous convient le mieux.
Nous nous répartissons les tâches, nous établissons un diagramme de Gantt avec un vrai planning que nous essayons de tenir au maximum.
Nous avons également une stratégie de communication via Facebook et Twitter. Nous nous sommes rendu compte qu’en plus de créer un lien plus fort avec nos sponsors, cette exposition sur les réseaux sociaux nous permettait de faciliter les échanges avec un tout autre public.

Enfin, à la sortie du règlement, nous réfléchissons à la stratégie qui va nous permettre de GAGNER ! Notre objectif est clairement de gagner et pour ce faire, nous tentons ensuite de trouver les moyens qui vont nous permettre d’établir cette stratégie. Cela impacte donc la mécanique et les systèmes électroniques. Si nous avons par exemple des balises, il va falloir savoir où se trouve notre adversaire lors d’un match.

Retour sur la Coupe de France de Robotique 2017

Q : Pour toi, que représente la Coupe de France de Robotique ? C’est avant tout un loisir avec une importante communauté de passionnés !
Il y a effectivement beaucoup d’échanges entre les équipes. Le côté compétition est également très intéressant mais c’est surtout l’excellente ambiance qui règne que je préfère. Cette ambiance est basée sur les nombreux échanges entre les différentes équipes mais aussi sur un respect mutuel important de ce que chacun fait. Nous sommes par exemple en très bons termes avec les deux premiers du classement : RCVA (1er) et A.I.G.R.I.S Birds (2ème). Nous allons boire des bières ensemble, nous échangeons beaucoup !

Q : Quels étaient vos objectifs pour 2017 ? Les avez-vous atteints ? L’objectif tous les ans est d’arriver premier !
Depuis 2014 nous sommes dans le top 10 : 9ème (2015), 5ème (2016) et 3ème cette année. Nous réalisons un meilleur classement chaque année, nous sommes donc satisfaits de notre place.



Q : Combien de robots avez-vous engagé pour l’édition de 2017 ? Comment s’appellent-ils ?
Nous avons engagé deux robots, un gros et un petit. C’est dans notre stratégie de départ que d’engager deux robots systématiquement.
Ils n’ont pas de noms ! Enfin, nous les nommons tous les ans de la même façon, R1 pour le gros robot principal et R2 pour le petit robot secondaire. Nous envoyons beaucoup de mails et il est plus simple d’utiliser des surnoms que d’avoir des noms compliqués.

Q : Comment la coupe de France de 2017 s’est-elle passée pour vous ? Quelles étaient vos stratégies ? Ont-elles fonctionné ? Nous étions clairement en retard sur le planning à cause de contraintes personnelles : nous avons tous les trois un travail à plein temps puis je suis aussi devenu papa cette année.
Nous avons donc été obligés d’accélérer notre travail sur les derniers jours précédant la Coupe.

Juste avant de partir pour La Roche-sur-Yon, nous avons eu des bugs sur la BUC2C, le robot plantait complètement ! Nous avions testé pas mal de petits morceaux au niveau local et lorsque nous avons tout rassemblé quelques semaines avant, nous avions quelques bugs de temps en temps mais le jour de notre départ, nous en avions une multitude. Nous nous sommes donc rendus à la Roche-sur-Yon avec le gros robot qui ne marchait pas et le petit robot avec lequel nous avions à peine testé les stratégies. Nous n’étions donc vraiment pas confiants. Lorsque Marion Ruciak nous a vus le premier jour, nous étions un peu dépités.

Pendant nos deux premiers matches, le gros robot dysfonctionnait complètement, nous ne faisions donc quasiment pas de points. Du coup dans la nuit du jeudi à vendredi, nous avons blindé la MAP2C. Le vendredi matin, nous avons été racheter des relais chez NORAUTO et chez Feu Vert car les relais que nous avions étaient trop faibles, du coup ils restaient collés à cause du courant qui passait dedans. Nous les avons donc échangés contre des relais automobiles, ce qui a fonctionné ! Cela nous a permis de marquer pas mal de points sur la série de matchs du vendredi.

Sussus Invaders Match contre Air Isep

Nous nous sommes ensuite concentrés sur la stratégie du petit robot dans la nuit du vendredi au samedi. Nous avons réalisé des modifications mécaniques pour gagner quelques points assez simples à récupérer. Nous avons modifié un petit peu la stratégie de départ en observant les matches de qualification par rapport à la phase finale.

Les modifications que nous avons faites sur place ont fonctionné et nous n’avons pas eu de mauvaises surprises par la suite. Par contre, nous n’avons pas réussi à prendre des points à l’équipe RCVA, arrivée 1ère de la Coupe de France ainsi que de l’Eurobot, contre laquelle nous avons perdu en demi-finale. Cette défaite est notamment la conséquence du manque de tests effectués sur le petit robot.

Q : Allez-vous vous représenter l’année prochaine ? Nous participerons bien-sûr à la Coupe de France de 2018. Le règlement n’est pas encore sorti donc nous ne savons pas encore quelles stratégies nous allons adopter.

Par contre, après chaque Coupe, nous faisons un débriefing. Nous avons un fichier Excel où nous faisons le REX de la Coupe : ce qui a marché ou non, avec un historique des autres années pour ne pas répéter plusieurs fois les mêmes erreurs.

Suite à cela, nous en dégageons des travaux de fond à long terme. En fonction de cela, nous regardons ce que nous devons développer pendant l’été pour améliorer notre performance. Donc cette étape là nous l’avons déjà réalisée pour l’année prochaine par exemple. La suite viendra en septembre lors de la sortie du règlement.

Règlement Coupe de France de Robotique 2018

Q : J’ai vu que tu participais à la rédaction du règlement de l’édition 2018. Peux-tu m’en dire plus ? Je fais effectivement partie de la Commission du Règlement. Cette année, ils ont ouvert sa rédaction aux équipes. C’est d’ailleurs mon sujet qui a été retenu, « Smart cities », ce qui a donné le thème : « Robot Cities ». Mon idée était de faire la ville du futur avec des bâtiments de qualité énergétique, des panneaux solaires etc.

Il y a une réelle ouverture de la part des organisateurs concernant le règlement. Ils souhaitent éviter de proposer un thème qui engendre des blocages au niveau des robots. Et c’est là où nous avons notre valeur ajoutée ! Par exemple, nous allons éviter de placer un obstacle au milieu du plateau de jeu afin d’empêcher que les robots ne puissent pas se déplacer et ainsi créer une forte séparation entre chaque partie. De plus, il faut que l’équilibre des points et des actions soit bien réparti. C'est-à-dire des petites actions pour les petites équipes et des actions plus compliquées pour les grosses équipes et que le score soit ainsi plus équilibré.

Le sponsoring d’ELSYS Design

Q : Pour conclure, peux-tu me dire un mot sur ELSYS Design ? Le partenariat nous donne un grand coup de main pour investir. Avant, nous n’avions aucun partenaire, nous nous autofinancions. Puis, lorsque nous avons démarché des sponsors, ils nous donnaient surtout du matériel. Ce qui signifie que tout achat était de notre poche.

Avec ELSYS Design, le fait d’avoir des liquidités nous permet de réaliser des investissements, de faire des tests mais aussi de sous-traiter un certains nombre d’actions que nous mettrions trop de temps à réaliser nous même. Comme de la découpe laser au niveau de la mécanique par exemple. Ce partenariat nous permet également d’acheter du matériel plus performant. Nous avons par exemple pu acheter des cartes Raspberry qui sont plus petites et plus performantes. Sans ce sponsoring, on se rabattrait sur la solution lambda. Cela nous aide donc à avancer plus vite et plus efficacement.